mardi 31 décembre 2013

Les céramiques de Rambervillers et la contrefaçon


Sans ordinateur depuis 3 mois, Noel a été l’occasion d’acheter une nouvelle machine qui fait la joie de mon fils mais qui me permet également de reprendre la mise à jour du blog.

Depuis mon dernier billet de nouvelles céramiques sont venues occuper la bibiothèque parfois un peu au désespoir de ma famille qui ne partage pas toujours mes choix esthétiques.
Ma dernière acquisition est un superbe vase ombelle de Catteau "dont l’attribution est bien confirmée par le catalogue commercial de l’époque". Le vase est dans un état impeccable, la fragilité et le mouvement de la tige de l’ombelle tout en ondulation ont été repris dans la forme du vase avec beaucoup de succès. Les émaux pâles et homogénes rendent bien la douceur et la blancheur de ces ombellifères.

Vase Ombelles Ref42
Hauteur 320 mm

Cet achat qui remonte à fin décembre a coincidé de manière totalement fortuite avec un débat sur les céramiques de Catteau, leurs marquages et les contrefaçons mais dans un environnement plus large lié à sa production chez Keramis. J’ai en effet été contacté par un membre d’un forum pour débattre sur ce sujet que j’avais déjà abordé modestement dans le billet du 27 mars 2013.


Je rappelle que les catalogues commerciaux attribuent explicitement uniquement 2 modèles à Ch. Catteau. Je renvoie au blog d’illustration des catalogues  et à la page Catteau pour mettre à jour grace à vous le référencement de toutes les pièces marquées Catteau. Nous pouvons en dénombrer aujourd’hui 6 autres pièces marquées Catteau dont l’attribution pourrait être confirmée de façon certaine par l’existance d’un marquage Catteau sur toutes les céramiques des 6 modèles attribués aujourd’hui.

La contrefaçon aujourd’hui sur les pièces de Rambervillers me semble inexistante compte tenu de l’intérêt relativement modeste pour cette production et de la difficulté de reproduire les émaux d’époque sans que cela ne soit discernable.
Rappelons que certains moules des ceramiques de Rambervillers existent encore aujourd’hui et sont exploités avec beaucoup d’insipiration et de talent par Julie (petite fille de Marcel Ferry dernier propriétaire du matériel de la fabrique ayant subsisté). Cette production est clairement une création et n’a en aucun cas l’objet de reproduire les céramiques anciennes.

Maintenant les arguments avancés par le forum sont intéressants en partie le critère taille (une contrefaçon produite à partir d’un moule fabriqué sur une pièce existante ancienne devrait être plus petite de 10% en tenant compte de la cuisson et du séchage).

La connaissance de la production, de la qualité des émaux et de la terre restent le meilleur moyen pour ne pas se tromper si un jour il apparaitrait sur le marché des céramiques de Rambervillers contrefaites.

mercredi 25 septembre 2013

E.Grasset, une belle découverte

Dimanche dernier a été l'occasion de se reveiller tôt pour chiner. Je suis tombé sur la couverture d'un portfolio bien defraichie.




Le nom de Grasset ne m'était pas inconnu, j'ai de suite pensé à la "Semeuse au pisenlit" sur mon dictionnaire Larrousse. Après quelques échanges avec le vendeur sur l'origine et un rapide coup d'oeil sur le contenu , j'ai fait l'acquisition de cet ensemble que je ne regrette vraiment pas aujourd'hui.
Le portfolio contient 6 planches d'une grande beauté . Le papier est épais avec quelques rousseurs, les couleurs sont d'une rare fraicheur. Les motifs représentés sont je trouve d'une grande modernité
Il s'agit en effet de planches d'inspiration art nouveau représentant des végétaux et  montrant comment les motifs floraux tels que la courge ou la capucine  stylisés peuvent être appliqués aux techniques décoratives diverses.





 Cette découverte a éveillé ma curiosité. Internet m'a permis de trouver un site passionnant sur le travail d'Eugene Grasset ( 1845-1917). L'homme a été un véritable pionnier de l'art nouveau. Célèbre en son temps, je comprends qu'aujourd'hui il est fort oublié et que son travail mérite d'être apprécié et connu du plus grand nombre.
J'essayerais d'évoquer à nouveau cet artiste dès que j'en saurais un peu plus après avoir lu "Grasset pionnier de l'Art Nouveau" d'Anne Murray Robertson, éditions 24 heures, un des livres qui m' a été conseillé par le créateur du site sur E.Grasset.

jeudi 19 septembre 2013

Rambervillers...264 modèles illustrés


Les vacances ensoleillées sont déjà loin et  la rentrée scolaire se finalise doucement. Il est grand temps de replonger dans le « monde merveilleux de la céramique ».
Je voulais tout d’abord commencer cette nouvelle saison en vous rappelant que la recherche de nouvelles pièces de Rambervillers pour illustrer les catalogues d’époque est toujours un objectif important et fondateur de ce blog . Il pourra être clairement atteint uniquement grâce à votre contribution. Je compte donc sur vous et n’hesitez pas à m’envoyer des photos de vos pièces que je mettrai en ligne sur le site http://gres.rambervillers.free.fr/; A ce jour 264 modèles ont été illustrés sur 675 références uniques.
 
Un collectionneur m’a avant les vacances fait parvenir une photo de sa dernière acquisition, une superbe lampe à carburant liquide appelée "calcédoine", récompensée par un 3 ème prix au concours école de Nancy organisé en 1906 pour la fabrique de Rambervillers et réalisée par Paul Nicolas (1975-1952).

 


 

Ce modèle est particulièrement rare au même tite que les 3 autres lampes  toutes présentées aux concours et toutes récompensées.
Nous retrouvons dans cet objet tout l’esprit de la fin du 19ème;
- N’y a til pas encore aujourd’hui un vrai plaisir de faire fonctionner ce type de lampe …une flamme n’a-t-elle pas plus de charme que nos nouvelles ampoules halogènes?
- Le motif floral est là encore très présent, inspiré  et caractérisque du mouvement art nouveau. (Je n'ai pas trouvé le rapport entre la "calcédoine" ) ?
- P. Nicolas fait partie de ces artistes aujourd'hui oubliés qui ont, avec beaucoup de talent et de conviction, participé à la révolution des arts décoratifs au tournant du siècle dernier. 


 

mardi 2 juillet 2013

Alexandre Bigot et le mystère L.Guigues


Quand on ne peut pas aller aux Puces de Vanves le samedi, je me suis rappelé qu’il était toujours possible de s’y rendre le dimanche. Par contre j’avais oublié que les horaires sont un peu décalés, en effet  à 7h15 peu de marchands avaient encore déballés leurs marchandises.
L’allée était quasi déserte, mais le nombre réduit de stands et d’acheteurs m’ont permis de mettre la main sur un vide poche d’inspiration typiquement art nouveau.



La céramique était dans son jus, malgré la crasse et après un  examen rapide, j’ai repéré des petits éclats, 2 fels de cuisson sans gravité mais également 2 marques celle de Bigot et L.Guigues


Alexandre Bigot (1862-1927) est une personnalité intéressante, je savais qu'après avoir enseigné la physique-chimie, il s'était lancé dans la céramique travaillant avec P.Beyer, Chapelet, E Muller...pour à partir de 1900 se consacrer à l'intégration de la céramique dans l'architecture.
Le livre "la création céramique, du second empire à l'art nouveau" évoque à la même période une collaboration avec des sculpteurs pour lesquels il fait des repliques de leurs sculptures.
La deuxième signature manuscrite en creux est certainement celle d'un artiste avec qui Bigot a collaboré par contre je n'ai rien trouvé sur L. Guigues .  Le site Ceramics Collector  présente une pièce similaire avec un émaillage plus réussi mais avec effectivement la même interrogation sur l'origine du  fameux L. Guigues  qui restera je pense pour un certain temps encore un mystère.

mercredi 12 juin 2013

Bonifas et les multiples

Entre 2 spectacles, auditions, réinscriptions de fin d'année, j'ai trouvé le temps de me rendre à Vanves  samedi dernier et d'acquérir une céramique dont la forme épurée, géométrique mais sophistiquée ma particulièrement séduite.
Il s'agit d'un plat fabriqué dans l'atelier  de Fernay-Voltaire dirigé à partir de 1946 par Alice Sordet-Bonifas (dite Lifas) épouse de Paul Bonifas (1893-1967), céramiste célèbre pour ses créations épurées en terres lustrées noires.
(Je renvois à un document réalisé par le musee de l'Ain au sujet de Bonifas, Lifas, Brejnik et  l ’atelier ferneysien (1922-1975) pour plus d'informations).
 
 
Il s'agit donc d'un plat de couleur unie  rouge"bakélite" qui a par ailleurs rapidement retrouvé sa fonction dans notre cuisine.  La forme associe de façon réussie je trouve, des éléments géométriques très différents (ennéagonale  à l'exterieur et circulaire à l'intérieur) qui s'inspirent des recherches esthétiques de Paul Bonifas.

Plat diamètre 25cm, signé Lifas et Ferney-Voltaire

Après une rapide recherche sur internet autour de Bonifas, je suis effectivement tombé sur un plat quasi similaire (décagnonale à l'extrerieur) avec un émail noir lustré, cette fois ci réalisé par  Paul Bonifas et qui montre sans équivoque la filiation.







Signature en creux «Bonifas France», dédicace «Alma Lasserre, souvenir de 1931».
DIAM. 36,7 CM
 
Cette ressemblance entre la production de Bonifas et Lifas  m'a conduit à me poser des questions sur les céramiques produites en série qui aujourd'hui sont les plus courantes par définition.

Paul Bonifas est un artiste précurseur intéressant, je comprends qu'il a souhaité  mettre l'art à la portée de tous en concevant des céramiques simples, utiles, réalisées en série, moulées grâce à l'utilisation de la machine.
 

Les céramiques produites en série sont souvent  dépréciées par rapport aux  pièces uniques mais je pense fréquemment à tort, les multiples en céramique sont clairement un moyen d'acceder à des objets souvent;
- originaux, de qualité, à un coût réduit et finalement
- "uniques" si on tient compte les facteurs changeants liés à la cuisson, des émaux, de l'usure et la disparition des moules, à la casse liée au temps...

Par ailleurs je trouve que le terme série est imprécis.  Nous devrions avoir une idée du nombre de pièces produites pour chaque modèle. Il serait intéressant de savoir combien de céramiques ont pu être produites par la SAPCR si on tient compte des 674 modèles exploités sur près de 60 années.
Les pièces de Picasso produites à partir de moule par exemple sont numérotées et permettent d'avoir une connaissance précise du nombre de céramiques (4000). 

Pour finir sur ce sujet, je voudrais en profiter pour signaler l'exposition au musée des arts décoratifs qui montre là encore le potentiel artistique du moule dans la création contemporaine. Philippe Barde réinterprete avec beaucoup d'inspiration les moules de Paul Bonifas.


Vases forme à la chinoise de Paul Bonifas (blanc) et revistée par Philippe Barde (noir, 2009)





samedi 25 mai 2013

Vase "Nocturne" ou "Sommeil" ... de Ch. Vital-Cornu ou R. Jeandelle

Il me devait d'aller visiter la nouvelle exposition "L'art nouveau, la révolution décorative" à la pinacotheque de Paris (18 avril- 8 septembre 2013). J'ai profité d'une visite organisée par mon entreprise pour découvrir les 136 oeuvres (céramiques, verreries, mobilier, dessin, affiche...) illustrant  ce mouvement; bref, controversé mais charnière dans l'évolution des arts décoratifs.
 
Je trouve que la production de Rambervillers est d'autant plus intéressante qu'elle arrive à trouver une place dans le développement de "l'art nouveau". Ce mouvement apparaît en 1895 en réaction à l'académisme et disparaît brutalement en 1914. Après s'être développé pendant 20 ans dans tous les domaines (peinture, musique, bijou, architecture ...) et dans tous les pays (Angleterre, Espagne, Belgique, Autriche...) le mouvement atteint ses limites... il a épuisé ses sources d'inspirations ...il sera violemment rejeté, oublié pour suciter un nouvel interêt en 1960,  première rétrospective de l'art nouveau en France.
 
Il va laisser place à "l'art deco" qui était le sujet de la seconde partie de l'exposition que je n'ai pas eu le temps de visiter. Je n'aurais pas forcément choisi que des oeuvres  de Tamara de Lempicka pour présenter l'art déco et illustrer le retour à géométrisation après l'arabesque.
 
Bref,  équipé d'écouteurs sur les oreilles et bercé par les commentaires sans grand intérêt de la conférencière, j'admire les oeuvres  et je découvre stupéfait dans une vitrine de la première salle, un grand vase (40cm de haut) en bronze à patine sombre reprenant le modèle bien connu du vase sommeil de Jeandelle.

 
J'apprends finalement que cette oeuvre a été créée par  Charles Vital-Cornu (1851-1927), montrée à la Société des Artistes Français en 1901 et éditée MM. Susse éditeurs. Il existerait une variante en étain, marquée M Susse frères fondeurs avec un cachet rond en cuivre.
Le portail des collections de musées de France nous apprend également que Charles Vital-Cornu a réalisé cette fois ci en céramique le vase Nocture présentée ci-dessous à Sèvres au cours de l'année 1904. Ce vase est également appelée vase Sommeil.

Vase Vital-Cornu "nocturne"  28 cm de haut pour 15cm de large.
Macon, musée des Ursulines

René Jeandelle (1883-1935) a 21 ans en 1904 quand il sort diplomé de l'école nationale supérieur de céramique de Sèvres pour rejoindre la SAPCR. La manufacture va commencer à vendre le vase Le Sommeil en 1906.
Vase Le Sommeil de Jeandelle, 22 cm de haut

Il est évident, Jeandelle s'est inspiré de son aîné pour créer son modèle.  A t il rencontré Charles lors sa formation à Sevres en 1904? Certainement...A t il créé le modèle à Sèvres avec la collaboration de Charles ? peut être...
 Le vase de René Jeandelle est clairement très comparable à celui de Ch. Vital-Cornu, il présente malgré tout des différences principalement au niveau des fleurs de pavots. Plus importantes, elles se détachent plus nettement  au niveau du col et elles ont été rajoutées au niveau du talon.
Au final le vase de R. Jeandelle est également très inspirée et possède sa propre personnalité avec une présence florale plus marquée et un émaillage d'une grande richesse (caractéristique distinctif de la production de Rambervillers) .





lundi 6 mai 2013

Un mystère...Georges Lucien Guyot et Rambervillers

 Après quelques jours de vacances familiales en Toscane bien reposantes où les seules céramiques que j'ai pu voir sont des oeuvres de Della Robbia, je voudrais
i) partager une information qui m'a été envoyée par un collectionneur concernant la vente récente chez Aguttes d'une sculpture en grès émaillé figurant une lionne baillant sur un rocher signée par Guyot et Rambervillers et
ii) en profiter pour essayer de faire un point sur la production de Georges Lucien Guyot (1885-1973) et la SAPCR.

signée et datée "Guyot-1909" en creux et "Ceramique Rambervillers" à l'encre
H66cm, L40cm, P80cm

- Georges Lucien Guyot est un célèbre artiste animalier. Il réalise des peintures, gravures et  sculptures.
 
- Nous avons peu d'information sur la collaboration entre Guyot et la SAPCR. Francine Bertrand dans son ouvrage n'évoque à aucun moment la production de Georges Lucien Guyot à Rambervillers.
 
-Nous connaissons aujourd'hui uniquement 2 modèles (un singe à la banane et la lionne baillant)

H 23cm, Diamètre 21cm

-Aucun des 2 modèles n'est repris dans un des catalogues commerciaux connus.
 
- Le singe à la banane est une pièce dont plusieurs exemplaires ont été réalisés. La lionne baillant semble beaucoup plus rare. . Est ce une pièce unique? Guyot a t il produit d'autres sculptures animalières à Rambervillers?
 
-Les 2 modèles connus de Guyot produits par Rambervillers sont au final très réussis, d'un grand naturel et avec un sens très développé du détail et du comportement des animaux.
 
-La lionne après avoir été "ravalée" en nov-2012 sur une estimation de 15 000- 20 000 euros,  a finalement été adjugée en mars-2013 à 12 113 euros sur une estimation  de 10 000-12 000 euros. Il s'agit là à ma connaissance du modèle aujourd'hui le plus chère jamais produit par SAPCR... Ce record pourra t il être battu?

lundi 22 avril 2013

Rambervillers vs Denbac vs Pierrefonds

Les expositions universelles mettent à l'honneur les arts décoratifs. Elles suscitent de nombreuses vocations dans le domaine de la céramique.
Des manufactures se lancent dans l'aventure et tentent de développer une production de céramiques artistiques populaires, standardisée, de petites séries et obtenue par moulage.
 
La manufacture de Rambervillers créée à l'origine pour produire des tuyaux d'assainissement se lance sous l'impulsion d'Andre Cytere dans la fabrication de grès artistiques. D'autres manufactures telles que Denbac et ou Pierrefonds  vont suivre l'exemple et développer avec le succès que l'on connaît une production sur le même modèle.


Marques; Rambervillers                        Denbac                      Pierrefonds
Chaque amateur de céramique a forcément un jour ou l'autre tenu dans ses mains une céramique provenant d'une des 3 manufactures. Compte tenu de cette présence incontournable qui est un terrain idéale pour développer une collection, j'ai trouvé qu'il serait intéressant de s'arrêter un instant sur ces manufactures et d'essayer d'en dégager les spécificités;

-Les manufactures se situent dans le nord de la France
  Rambervillers Denbac Pierrefonds
Ville Rambervillers Vierzon Pierrefonds
Département Vosges Cher Oise

-La production commence au début du XX et  fait preuve d'une longévité remarquable.
  Rambervillers Denbac Pierrefonds
date création 1903 1909 1903
durée production 69 ans 43 ans 83 ans

- Le développement tient à  la motivation et le talent d'un individu.
  Rambervillers Denbac Pierrefonds
  Andre Cytere Rene Dénert Emile Bouillon

 -Les catalogues d'époque publiés comportent un nombre de modèles très important
  Rambervillers Denbac Pierrefonds
  675 600 328

Les céramiques sont quasi toutes marquées et référencées dans les catalogues


- Le grès et la diversité des émaux caractérisent les productions
  Rambervillers Denbac Pierrefonds
terre grès grès porcelainés grès
couverte irisée flammée cristalisée
Rambervillers développera également des grès flammés et cristalisés. Cette production sera complétée par des grès pour le bâtiment également très inspirés

- Le prix des céramiques restent accessible 50 euros en moyenne. Les modèles recherchés peuvent cependant atteindre des prix beaucoup plus élevés. A ma connaissance les prix les plus élevés sont atteints pour la production de Rambervillers compte tenue de la participation d'artistes à forte notoriété (Majorelle, Catteau, Gruber, Virion...).
 
  Rambervillers Denbac Pierrefonds
prix moyen 50 50 - 50+
prix max +++ ++ +
 
-Chaque manufacture a fait l'objet i) d'au moins un ouvrage plus ou moins complet édité le plus souvent dans le cadre d'exposition régionale, ii) de la publication de catalogues commerciaux connus et iii) de sites et de collectionneurs cherchant à faire vivre l'histoire d'une activité qui a souvent marquée une région, des hommes et l'histoire de la céramique.

  Rambervillers Denbac Pierrefonds
Livre  Grès Flammés de Rambervillers Denbac, les grès flammés de Vierzon Faiences et grès de Pierrefonds
Auteur Francine Bertrand collectif d'auteurs collectif d'auteurs
Exposition 28/04/1997 16/05/2009 08/06/2006
site gres.rambervillers.free.fr sandre74.free.fr nc
Il existe un musée à Rambervillers particulièrement intéressant permettant de découvrir la richesse de la production avec près de 300 grès artistiques exposés. A priori il n'existe pas d'équivalent pour la production de Pierrefonds ou Denbac. 

lundi 8 avril 2013

Le charme de la Loie Fuller

La SAPCR a édité 2 vases  qui s'inspirent de la Loie Fuller (1862-1928) et de ses célèbres voiles qu'elle faisait tournoyer dans ses chorégraphies.
Les modèles ont été créés par Jeandelle (1883-?) ingénieur céramiste qui vend beaucoup de modèles à la société sur des thèmes typiquement art nouveau dont la représentation de la femme.
 
Un collectionneur a vendu récemment un superbe exemplaire d'un dès vase Loie Fuller. La céramique garde toute sa force même marquée par les outrages du temps. Elle représente avec beaucoup de sensibilité, le mouvement exécuté par la danseuse enveloppée par de longs voiles qui cherche à évoquer la nature; les fleurs, les papillons, les serpents... 
 
Fig 60, par Jeandelle
Hauteur 280 mm, Prix 12 frf

La Loie Fuller révolutionne l'art de la danse et devient la muse de l'art nouveau et des symbolistes. Elle suscite l'admiration des poètes (Mallarmé, Rodenbach), inspire des peintres (Cheret, Lautrec..) et participe au renouveau des arts décoratifs.
Elle va faire l'objet comme chez Rambervillers d'une riche production de statuette qui s'inspire de ses voiles dansants.

François-Rubert-Carabin                                 Agathon Leonard            Raoul Larche         

Les modèles de Jeandelle n'ont peut être pas la finesse des bronzes de Raoul Larche ou d'un des 15 biscuits d'Agathon Leonard édités par Sèvres, mais pour un collectionneur de grès de Rambervillers , ils représentent  des réalisations  originales très réussies et très inspirées.
 
 
Pour la petite histoire, l'exemplaire présenté dans ce billet a été trouvé il y a 14 ans dans un sac poubelle sur un trottoir de Metz un soir d'encombrants avec un vase en pâte de verre signé Daum et des poupées fin XIXème.
La Loie Fuller est un symbole de la belle époque mais notre collectionneur a vécu lui aussi une époque étonnante où on jetait des verreries art nouveau que l'on s'arrache aujourd'hui...

mercredi 27 mars 2013

Ch. Catteau, erreurs de marquage?


La semaine dernière a été vendue une céramique de Rambervillers avec le tampon en creux  C.Catteau (1880-1966), fameux ingénieur céramiste connu avant tout pour avoir renouvelé la production de la manufacture de la Louvière Boch Keramis en tant que responsable de l'atelier de  décoration entre 1907 et 1946. 

ref 026 H170mm

Comme déjà indiqué, les céramiques de Rambervillers sont des pièces moulées. Le moule est établi sur le modèle fourni par un artiste qui permet la production d'une multitude de céramique;
Je comprends également que le marquage de la pièce est mécanique. L'ouvrier appose sur la pièce une ou plusieurs marques à l'encre et/ou en creux, sous émail ou sur terre. La marque de l'artiste ne correspond pas à son éciture. Plus généralement je ne sais pas précisément comment cela se déroule; les marques en creux sont-elles sur le moule? appliquées après la première cuisson...?

Les catalogues devraient reprendre à priori systématiquement le nom de l'artiste qui est on le comprend un argument de vente supplémentaire. Pour C.Catteau, créateur de la 1er heure, nous pouvons identifier uniquement 2 modèles dans les catalogues commerciaux; la jardinière aux Cygnes ref81 et le vase Ombelles ref42 .


Collection Ph.Chapeau Jardinière Ref81                      Vase Ombelles Ref42
Longueur 350mm Hauteur 150mm                       Hauteur 320 mm

Maintenant il s'avère que concrètement nous retrouvons des pièces qui comportent une marque sans que cela ressortent dans les catalogues (Le cas invers, présence d'une marque d'artisite au catalogue mais pas sur la céramique devrait exister également ).
La céramique qui été vendu le 16-mars-2013 pour 220 euros est un exemple de cette "imprécision". Dans notre cas, la céramique possède la marque C.Catteau sans que cela soit repris dans les catalogues.

Quelle pourrait être la raison d'une telle situation que l'on retrouve à prirori relativement fréquemment?
- L'erreur humaine involontaire,  l'ouvrier en charge du marquage se trompe,
- SAPCR souhaite profiter de la notoriété d'un artiste sur une pièce qui n'est pas de son invention pour faire vendre
 -Les modèles sont  réalisés à plusieurs mains (la monographie de Gruber évoque des modèles qui ne lui sont pas attribués dans le catalogue mais qui présente des caractéristiques qui lui sont propres tel la jardinière de Cayette avec des lignes architecturales d'aspect robuste avec un pied large et massif).
- Le coût d'une pièce marquée est plus important (la manufacture achète  un modèle et une signature, elle doit payer plus cher l'artiste si les pièces vendus comportent une marque)
- La volonté de l'artiste peut influer sur le marquage (les pièces de Jeandelle et Virion sont toujours marquées ce qui n'est pas le cas pour Gruber, Claudin ou Catteau par exemple, rappelons que l'auteur reçoit une prime proportionnelle au succès rencontré).

Au final peut-on affirmer que le modèle du vase vendu a été créé par C.Catteau? Le marquage le laisse penser mais l'absence de l'attribution dans les catalogues commerciaux peut nous faire douter de la réalité de l'attribution.
Il nous faudrait pour répondre avec plus de certitudes d'autres informations et avoir d'autres pièces de ce modèle pour voir si on retrouve cette incohérence.
Maintenant la comparaison stylistique des modèles clairement identifiés et du vase pourrait nous amener à penser que cette attibution fait sens. Nous retrouvons dans l'ensemble des modèles une forte stylisation des décors qui distinguent C. Catteau des autres créateurs.

De la même façon l'encrier Ombelles (Ref 111) et le vase Algues (Ref 11) présente la signature en creux sous la pièce de C.Catteau mais ne sont pas attribués à C.Catteau dans les catalogues commerciaux. Au final le style nous permet  de dire avec plus ou moins de certitude là encore qu'il s'agit bien d'une création de C.Catteau.

 Encrier Ombelles                                             Vase Algues
             Diam 160mm                                                 Hauteur 300 mm
Il serait intéressant de recenser les modèles qui portent la marque C.Catteau. Cet inventaire nous permettrait de mieux apprécier la contribution et le style de l'artiste dans le production des grès de Rambervillers. Je lance un appel à tous les possesseurs de pièces de C.Catteau pour me transmettre le référence et si possible une photo du modèle.








samedi 23 mars 2013

Chouette...un coup de coeur

J'ai profité hier de l'heure du déjeuner pour retourner comme prévu à Chatou. Mon temps était très limité, j'avais décidé de remonter 1 allée en me donnant le temps de fouiner chaque stand. Et c'est au fond d'une vitrine, invisible si on ne faisait pas l'effort de plier ses jambes,  que j'ai découvert un hibou (se distingue de la chouette par la présence d'aigrettes sur la tête) qui me regardait avec des grands yeux un peu triste cherchant vraisemblablement  une personne qui était prête à s'occuper d'elle.
 
Je n'ai pas hésité longtemps, la céramique était très expressive, dense, avec un emaillage très maitrisé et dans un état impeccable.
Le marchand ne connaissait pas le céramiste . Après une brève négociation, l'animal était bien emballé dans mon sac prêt à faire un bout de chemin avec moi.
 
Hibou de O. Pettit
L24cm x H 20cm
 
La maufacture de Rambervillers s'est également adonnée à la représentation des strigidés dans des styles très différents. Nous retrouvons un grand hibou prévu pour être monté en pied de lampe électrique et une petite chouette proposée par Geno .
 

Hibou   (fig 296, H 480mm)           Chouette de Geno  (fig 526, 125mm)
 

 La représentation de l’animal  évolue avec le temps, elle se simplifie. Cette stylisation se retrouve dans l’art en générale et traduit la recherche des artistes de tout temps  à trouver de nouvelles formes d’expressions.
Cet exercice me fait forcément penser au travail de Picasso qui a su exploiter à merveille la céramique pour réaliser des représentations d'hibou d'une modernité révolutionnaire.
 
 
 
Je ne peux pas m’empecher également de faire référence aux chouettes des époux Anasse que j’ai découvert sur un site (Céramique 50) que je recommande très chaleureusement et qui a permis de me faire apprécier la céramique 50 tout en étant une source d'inspiration inépuisable pour la réalisation de ce blog.
 
 "Michel ANASSE Sculptures & Céramiques Pièces uniques 1960-1970", galerie Thomas FRITSCH (Paris, 20 mai - 25 juin 2011).
 
 

mardi 19 mars 2013

Chatou.. sous la pluie...

De retour de vacances samedi dernier, passées dans le Jura, je suis allé avec ma famille faire un tour à la foire nationale à la brocante et aux jambons sur l'ile de Chatou.


Malheureusement notre visite a été très vite écourtée compte tenu des giboullées qui ont innondé une bonne partie de la foire et qui ont conduit les exposants à bacher leur stand.

Je me suis promis d'y retourner avant la fin de la foire et de faire un point sur mes trouvailles dans un prochain billet .

Je conseille en tout cas à tout amateur de céramique de profiter de ce déballage de près de 800 marchands venant de toute la France. Il serait vraiment surprenant que vous y repartiez sans avoir soit pu partager votre passion avec des marchands connaisseurs , soit acheter  une belle céramique ...


vendredi 8 mars 2013

Monographie de Gruber et les 9 modèles

Je viens de finir la passionnante monographie de Gruber qui a été éditée à l'occasion de l'exposition "Jacques Gruber et l'Art nouveau. Un parcours decoratif" organisée par la ville de Nancy du 16 septembre 2011 au 22 janvier 2012.


L'ouvrage est richement illustré, 100 pages sur les 230 présentent les photos des objets exposés; des illustrations, du mobilier, des reliures, de la verrerie, de la céramique et des vitraux. Jacques Gruber est connu avant tout en tant que maître verrier.  Mais on découvre à travers son parcours la diversité, la vitalité et la maitrise d'un artiste qui incarne avec beaucoup de justesse un mouvement passionnant en totale rupture avec ce qui avait été fait jusqu'alors.

Je ne peux maintenant pas m'empêcher  d'évoquer plus précisement la production de céramique de Gruber et son lien avec la SAPCR. Cette partie fait l'objet de 10 pages manuscrites et 8 pages d'illustrations reprenant une quinzaine de céramiques.
Nous apprenons plusieurs choses;

-Gruber participe au lancement des grès artisitques de Rambervillers, 7 céramiques conçues par Gruber sont exposées en 1904 lors de la 2ème exposition organisée salle Poirel pour la SAPCR. (Rappelons que la SAPCR commence sa véritable production artistique après sa 1ere participation à une exposition artistique du 25-octobre au 6-décembre 1903 organisée à Nancy, salle Poirel, par la Société Lorraine des Amis des Arts).

La carte postale existante du stand de Cytère permet d'identifier je trouve clairement  i) le vase fougère (ref 10), ii) porte parapluie fougère (ref 75), iii) pendule églantine (ref 149 ), iv) pied de lampe algues (ref 142), v) balustre (ref 81). Il resterait 2 pièces à identifier, je lance un appel aux bons yeux.


- C'est avec la SAPCR que Gruber aborde la production de la céramique pour la première fois. Majorelle présente 11 pièces en 1904 avec la SAPCR mais il a déjà édité précédemment des modèles chez Keller et Guerin et les frères Mougin.

- Gruber propose seulement des modèles à éditer comme Ernest Bussière et contrairement aux frères mougins par exemple qui modèlent et éditent.

-Le production artistique de ceramique de Gruber est très limitée dans le temps elle commence en 1904 et se finit en 1905 période ou il décide de se recentrer sur le vitrail.

-Gruber propose en tout 9 modèles qui sont tous signés. Le répertoire est presque exclusivement végétal excepté pour la lampe électrique. La fougère semble être une plante de prédilection.



-Sur les 9 modèles repris dans les catalogues de 1905 et 1906, seulement 4 subsistent au catalogue de 1920 (ref 9,10, 103 et 108) mais barrées au tampon de la mention épuisée et plus aucune dans l'édition de 1931.

- Gruber conçoit égalment des éléments d'architecture (balustre, carreaux...). Nous détaillerons dans un prochain billet cet aspect dans la production de SAPCR.

Après l'engouement en vente publique pour le vase fougère de Gruber (ref 10) dans la vente d'Enghien du 27/01/2013 (adjudication 4380 euros), Tajan a proposé dans sa vente art-deco du 26/02/2013 un vase sur le même modèle.  Le lot 56 n'a pas trouvé preneur sur une estimation de 1500-2000 euros. Notons que l'exemplaire comportait des défauts. Est ce la raison de ce désintéret? Pour information il est possible d'acheter le lot en "after sale" à l'estimation basse...à bon entendeur, salut!


dimanche 3 mars 2013

Eileen Gray, l'art du laque

Pendant que les enfants goûtent aux joies de la neige, nous avons profité du week end  pour visiter l'exposition Eileen Gray (1878-1976) qui a lieu en ce moment à Beaubourg.
J'ai découvert une artiste... loin du monde de la céramique.
Décoratrice, architecte, peintre, laqueur, créatrice de mobilier, de tapis...Eileen Gray arrive à rompre avec les mouvements de son époque en trouvant un nouveau langage à travers des créations originales et très sensibles.



Tout le monde connaît le fauteuil Bibendum, le fauteuil transat ou la table en verre ajustable qui sont repris sur la photo ci-dessus.
Mais Eileen Gray c'est beaucoup plus que cela, l'exposition retrace un parcours passionnant autour en grande partie de ses projets architecturaux (La villa E 1027, Tempe a Pailla et Lou Perou)  dont le mobilier tient une place très importante.
Le début de son parcours m' a beacoup interessé, elle apprend dans sa jeunesse l'art du laque, elle ouvre en 1922 la galerie Jean Désert où elle va vendre pendant une dizaine d'année des pièces uniques; du mobilier, des tapis, des objets de décoration... 
 Eileen Gray est à l'origine des plus grands chef d'oeuvres en laque du 20 ème siècle en occident.
J'ai retrouvé dans les objets laqués des similitudes avec la céramique ou la dinanderie. La laque est une résine qui s'applique à l'origine sur du bois et qui en séchant forme un revêtement solide protecteur. La laque peut être ensuite sculptée et décorée par incorporation de pigments ou de poudre d'or et ou d'argent.
L'exposition présente des panneaux, des paravents et des objets en laque d'une grande beauté... ils s'en dégagent une très grande maîtrise, finesse et préciosité.

Coupe en laque noire avec des incrustations d’or.
Provenance Galerie Vallois




dimanche 24 février 2013

Le nouvel an chinois...Claudin et le dragon

La date du nouvel an chinois correspond au 1er jour d'une nouvelle lune entre le 21-janvier et 20 février. Chaque année chinoise est associée à un des douze signes du zodiaque chinois.
Le signe du dragon est remplacé à partir du 10 février  2013 par le serpent...mais en attendant de le retrouver en 2024 il restera présent sur les céramiques de Rambervillers.

Le dragon a bien sûr inspiré la SAPCR (Société Anonyme des Produits Céramiques de Rambervillers). Francine Bertrand dans son ouvrage est élogieuse quand elle évoque le vase chimère.
Fig 56. Chimère, par Claudin
Hauteur : 330 mm  Prix 25 frf
 Elle parle d'un artiste qui a su utiliser avec intelligence la force  de ce motif ornemental en créant un accord parfait entre le sujet  et la matière...Ils se mèlent dans un élan esthétique et narratif très réussi, illustrant la richesse et la qualité des rapprochements entre la céramique extrème-orientale et la céramique art nouveau européenne.
Le symbole du dragon est utilisé depuis l'antiquité. Il fait partie du mythe fondateur de la civilisation chinoise, il représente le pouvoir. Sa morphologie varie selon les sources et les époques. Il emprunte des parties de différents animaux. Dans le cas du vase de Claudin nous retrouvons une tête de chameau, des yeux de démon, des bois de bovidés, un cou de serpent, des pates de tigres qui se termient par des griffes de vautour ...retournons voir la couverture du lotus bleu pour en avoir un autre aperçu également très évocateur.
 Pierre Roger Claudin, artiste que nous avons évoqués le 25 novembre 2012, a proposé à SAPCR, 2 modèles de céramique représentant le dragon grimpant sur le col en tordant son corps dans une spirale vigoureuse. Un brule parfum a également été créé en s'inspirant du dragon, la fonction de l'objet là encore s'adapte de façon pertinente au sujet, à l'animal cracheur de feu.



Fig 56, 23, 243; Hauteur 330mm,210mm,120mm


Pour information un vase chimère Fig 56 a été vendu récemment 800 euros lors d'une vente organisée par Anticthermal à Nancy le samedi 16 février 2013.